Nous venons de vivre un grand moment de cachotterie, à Bruxelles, lors de la réunion des chefs d'états pour fixer l'orientation capitaliste après sa défaite subie en France et aux Pays-Bas concernant la constitution européenne.

Parodiant la célèbre chanson de Jacques Brel, je dirais:"Chez ces gens-là, Monsieur, on ne rigole pas avec les intérêts de classe"; et cela s'est démontré à Bruxelles où hormis le retrait de la règle "du marché libre et non faussé" le grand reste, en particulier la doctrine de Maastricht, subsiste pour organiser les intérêts du capital au niveau de cette Europe.

Et nous avons pu le voir quand il s'agissait d'examiner les droits des travailleurs avec l'anglais Blair, les frères jumeaux polonais,le Zapatero espagnol; tous ces gens-là, disais-je, ne sont que les larbins des groupes multinationaux, qui ont besoin d'un champ européen plus vaste et plus flexible, pour faire circuler le capital et les hommes à exploiter.

Sarkozy n'est pas du reste et son mini-traité fait partie de cette souplesse voulue par le capital pour organiser l'exploitation à partir de l'Europe, y compris d'une main d'oeuvre africaine, indienne.intéressante pour le capital.

Alors Lutte de classe, ces gens-là l'ont ! et nous communistes ! est-ce-encore un concept ? Et je vois, ce matin, dans l'humanité, dans la tribune de discussion, l'idée que ce référent, n'existerait plus ou presque plus chez les gens du peuple et en particulier dans les cités. Quand je vois que depuis quelques jours, que des lignes politiques s'affichent pour remettre en cause l'existence du parti communiste, je me dis, "attention à l'abandon de cette belle idée du communisme: le mouvement actuel qui abolit l'état des choses existant".

Et je me demande, si plein de choses n'ont pas été galvaudées : anti-libéralisme au lieu d'anti-capitalisme, et même le mot révolution utilisé à toutes les sauces. Bientôt Sarkozy nous parlera de révolution comme l'a fait naguère Pétain avec "la révolution nationale" .

Et je me souviens d'un fameux article publié par Jean Ristat dans l'humanité du 10 novembre 2001 " je cite une de ses réparties: "On parle bien plutôt de "révolution libérale" et la différence avec le conservatisme actuel, c'est que les conservateurs se présentent comme les hommes de la libération d'une oppression. Il y a dans tout cela une extraordinaire confusion de langage. Un homme comme moi a toutes les difficultés du monde à s'exprimer de manière publique sur cette question de la révolution sur laquelle pèse un interdit. Peu de gens osent parler de "capitalisme". Ils prèfèrent les mots "marché" et "libéralisme". Le capitalisme apparait dans leur discours comme conforme à l'ordre de la nature. C'est une formidable régression de la pensée. Je crois que l'emprisonnement organisé de l'intelligence et de la pensée est une des menaces les plus graves qui aient jamais pesé sur l'humanité. Pour moi, communiste et donc révolutionnaire, tout est à reprendre, tout est à remettre en question.Il y a donc urgence à penser le " désir de révolution".

Cette opinion de Jean Ristat je la partage entièrement et je m'oppose à cette idée qu'il n'y aurait plus de classes; certes il y a recul de la conscience de classe, cela n'est pas la même chose et s'il y a recul de la conscience de classe, c'est peut-être parce que nous avons lâché la-dessus sous prétexte des mots à la mode: modernisation,rénovation au lieu de révolution; n'avons-nous pas jeté le trouble sur des critères qui ne sont pas les nôtres?



Oui, à ce congrès d'idées du PCF, il faudra défendre contre vents et marée le communisme, non pas figé dans des certitudes, mais comme un besoin qui nécessite un outil qui ne transige pas avec le capital et je suis persuadé que le PCF est capable de relever ce défi.